VOLONTARIAT VS VOLONTOURISME

Tu as envie de te lancer dans un projet de volontariat à l’étranger mais tu ne sais pas vers quel organisme te tourner ? Découvre 10 trucs et astuces pour éviter de tomber dans le piège des agences dites de « volontourisme » !

1) Renseigne-toi sur le statut de l’organisme

Depuis plusieurs années, des entreprises récupèrent les envies d’évasion et d’engagement des jeunes pour en faire un business. Ont ainsi éclos de nombreuses agences de « voyages humanitaires », vendant des packages qui ressemblent plus à des voyages touristiques qu’à de véritables projets de volontariat. Mieux vaut donc se diriger vers des ONG ou des organisations de jeunesse, où l’aspect humain prime sur l’intérêt commercial.

2) Ne casse pas ta tirelire

Sous prétexte d’offrir une expérience unique, les agences demandent une participation financière très élevée par rapport aux associations. Par définition, le volontariat est pourtant un acte gratuit et de solidarité, qui ne justifie pas de débourser 2000€. De plus, demander un tel prix provoque plusieurs effets pervers. Premièrement, il attire principalement des jeunes issus de familles aisées, ce qui renforce inconsciemment le cliché des « riches » qui viennent en aide aux « pauvres ». Deuxièmement, dans l’esprit de beaucoup de personnes, « plus c’est cher, plus le projet est de qualité », or c’est faux : contrairement aux entreprises, les projets des associations sont cadrés et doivent répondre à toute une série d’exigences pour être subsidiés.

3) Ne te fie pas aux images accrocheuses

Pour mieux vendre leurs produits, les agences n’hésitent pas à illustrer leurs packages avec des photos de qualité professionnelle qui donnent une fausse idée du projet (nomades à dos de dromadaires, plongeur parmi les coraux, plages paradisiaques, etc.).

4) Repère le faux humanitaire

Le terme « humanitaire » a été récupéré par les agences pour attirer les jeunes en quête de sens. Elles proposent en effet des « voyages humanitaires », alors que le terme se rapporte en réalité à des organisations agréées par l’État fédéral qui apportent du secours à des populations dans des situations d’urgence ou de crise (guerre, catastrophes, épidémies,…). Elles demandent des qualifications professionnelles spécifiques.

5) Vérifie que les besoins locaux sont pris en considération

En devenant volontaire, tu as envie de te rendre utile. S’il n’est pas possible de changer le monde en quelques mois, il est quand même préférable de s’investir dans un projet qui soit réfléchi, mené avec des partenaires locaux, et qui tienne réellement compte des besoins des habitants. Les vidéos satiriques de Radi-Aid sont un bel exemple de l’absurdité de certains projets d’aide. Il est donc intéressant de vérifier si l’organisme met en place une véritable politique de partenariat et s’il vise un changement sociétal. Même si elles le promettent, les agences ont en fait peu intérêt à faire bouger les choses car elles risqueraient de perdre leur marché…

6) Analyse la communication de l’organisme

En général, les associations veillent à adapter leur communication pour éviter de véhiculer des stéréotypes concernant le Sud. Les agences, au contraire, ont tendance à en faire leurs slogans. À titre d’exemples, elles mettent souvent en avant le fait que les jeunes européens peuvent « sauver les pauvres du Sud » ou présentent le Sud comme un lieu exotique et éloigné de la modernité. Il est clair que ce type de messages n’aide pas à déconstruire notre rapport de domination vis-à-vis du Sud.

7) Assure-toi d’être formé-e avant de partir

Il est important que tu sois préparé-e avant ton départ, non seulement par rapport au projet lui-même mais aussi par rapport à ta perception des relations Nord-Sud. Contrairement aux agences, les associations veillent à développer ton esprit critique et n’idéalisent pas le voyage. Elles prévoient en effet des formations pour te préparer au « choc des cultures », pour questionner tes stéréotypes ainsi que les mécanismes parfois négatifs qui se cachent derrière tes bonnes intentions. C’est ce qu’on appelle l’Éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire.

8) Ne te la joue pas perso

Même si ce qui te motive à partir est de vivre une aventure qui sorte de l’ordinaire, le plaisir personnel ne doit pas être ce qui te guide dans un projet de volontariat (ni le fait que ça te permette de booster ton CV d’ailleurs). Les agences présentent les pays du sud comme des parcs d’attractions, en mode touriste. Or, une des raisons d’être du volontariat est de promouvoir un autre modèle basé sur la rencontre avec l’autre et sur la solidarité. Être volontaire, ce n’est pas partir en voyage rhéto ni en Erasmus !

9) Lis les témoignages des autres volontaires…

Pour te donner une idée de ce qu’ils ont retiré de leur expérience, comment ils se sont sentis, comment ils ont été accompagnés, ce qu’ils ont vécu, etc.

10) Informe-toi auprès des associations de volontariat international…

Telles qu’AFS Programmes interculturels, ATD Quart Monde, ASMAE, CJB L’Autre Voyage, Compagnons Bâtisseurs, DBA Défi Belgique Afrique, JAVVA, Quinoa, SCI, SVI, YFU, etc.

Pour aller plus loin : https://www.scibelgium.be/agenda/non-au-volontourisme/ et http://coj.be/publications/21-le-volontourisme-ou-la-marchandisation-du-volontariat/.

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