Une éducation plurielle pour les futur-e-s animateurs-trices

Depuis plusieurs années, deux institutions ansoises, le Collège Saint-François d’Assise (CSFA) et l’Organisation de Jeunesse « CJLg », collaborent en vue d’outiller au mieux les élèves de cinquième année en technique de qualification « animateur-trice ». Une collaboration qui permet à deux mondes différents de se rencontrer, de mieux se connaître et se comprendre… au bénéfice des jeunes !

Chaque année, le CJLg propose plusieurs séances de sensibilisation au brevet d’animateur-trice en centres de vacances aux élèves du CSFA. Un brevet officiel homologué par la Fédération Wallonie-Bruxelles, réglementé par arrêté et régulièrement demandé par les employeurs. Pour Ercan Yasa, professeur au CSFA, « il est important que ceux et celles qui se dirigent vers ce genre de parcours professionnel sachent qu’il existe, tout près de leur école, une institution capable de parfaire leur formation tout en leur fournissant ce titre. » Une formation qui peut d’ailleurs être suivie parallèlement au cursus scolaire puisqu’elle est organisée durant chaque congé scolaire.

De la théorie à la pratique, et inversement

Les 15 et 19 janvier, plusieurs classes du CSFA ont ainsi pu vivre divers exemples d’animation et recevoir des informations sur le brevet d’animateur-trice. « Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’un premier contact intéressant et très instructif avec des professionnel-le-s du milieu dans lequel ils s’apprêtent à se lancer. Beaucoup en gardent un souvenir utile et recréent même en stage les activités qui leur ont été montrées lors de la séance ! », explique Monsieur Yasa. L’équipe pédagogique du CJLg se compose en effet de travailleurs-euses qui assurent à la fois des missions de formation et d’animation directe de jeunes.

Une pratique de terrain qui se ressent aussi dans la formation du CJLg en tant que telle : « le choc est parfois grand pour les élèves de cinquième année qui baignent encore dans une ambiance très scolaire et adolescente, mais c’est extrêmement bénéfique à long terme, même s’ils ne s’en rendent pas encore compte », affirme Monsieur Yasa. « De l’action à la réflexion », tel est le leitmotiv du CJLg en formation. L’expérimentation y est donc essentielle, de même que l’implication de chacun. Celle-ci peut revêtir différentes formes, plus ou moins engagées : prendre la parole, donner son avis, participer aux activités ou en créer et les animer, travailler en équipe, (se) poser des questions, (s’auto)évaluer, etc. Un exercice permanent auquel les élèves ne sont pas toujours habitué-e-s, mais qui leur permet d’acquérir des compétences allant bien au-delà de l’animation, autant sur le plan professionnel que personnel.

« Le rapport élèves/formateurs-trices est également différent du rapport que nous avons avec eux en tant que profs », ajoute Monsieur Yasa. « Pour l’anecdote, plusieurs élèves m’ont confié que les formatrices venues donner les séances de sensibilisation leur avaient paru capables de tout, un peu folles, osant des choses et très professionnelles tout en s’amusant… »

Un monde en dehors de Snapchat

Ainsi, si les approches pédagogiques du CJLg et du CSFA ont leurs spécificités, elles s’avèrent être complémentaires : elles permettent aux élèves de bénéficier d’un regard pluriel sur des contenus assez semblables, pour mieux se les approprier et les exploiter. De plus, la finalité poursuivie par ces deux acteurs éducatifs est identique : former des CRACS, c’est-à-dire des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires… par le biais de l’apprentissage de la fonction d’animateur-trice. En ce sens, Monsieur Yasa constate fréquemment parmi ses élèves que « certain-e-s se rendent compte qu’il existe un monde en dehors de Snapchat et de Facebook qui est fait de vrais regards, de vrais sourires, de vraies activités de relation et de communication qui les étonnent parfois grandement. » Et les font grandir ?

Manon DUBOIS

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